Gokarna 2, le piège

Posted from Karnataka, India.

En chargeant les photos sur l’ordinateur depuis la carte mémoire au cyber-café, la carte a été corrompu, et j’ai été obligée de la formater, donc il n’y a malheureusement qu’une seule photo que j’ai pu sauver… Bref, pas trop de photos pour cet article..

Karen et Nick, se dirigent vers le Nord de l’Inde depuis Hampi, et vont à peu près aux endroits où je voudrait aller, mais je veux retourner à Gokarne. Je leur dit donc que je les rejoindrai dans le nord après avoir passés quatre cinq jours à Gokarne.

Après une petite heure d’attente dans Hospet (la grosse ville à 20 minutes de Hampi), le bus arrive.
Cette fois-ci, c’est un bus de nuit non climatisé (donc moins cher), à l’aspect un peu viellot. Je me retrouve à l’arrière du bus, sur la couchette du haut (une couchette qui prend toute la largeur, pour 4 personnes.). A côté de moi, ô surprise, ce sont deux français que j’avais déjà vu à Gokarne. Deux musiciens/chanteurs qui font le tour du monde en vivant de la musique de rue, pas trop mal. A gokarne, ils chantaient sur la plage, de la chanson française.
Du coup, l’arrière du bus était animé pendant le trajet. Chanter les vrp, Brel, Zebda et autres font du bien, et rappellent les bons côtés de la France.
Grosse erreur, on commence à boire quelques bières, et évidemment, une heure après, on a tous envie de pisser, mais le bus ne s’arrête pas.. Après une heure d’attente à se tordre la vessie, le bus s’arrête et l’on se précipitent tous dans les buissons au bord de la route !
Dormir dans ce bus n’est pas la chose la plus aisée. Tout d’abord, la route étant défoncée, le bus allant très (trop) vite, et étant à l’arrière (juste au-dessus des roues), on se retrouve à environ 10 cm au-dessus de la couchette toutes les trentes secondes. Aussi, la taille de la couchette doit être calculée par rapport à la taille moyenne d’un indien, car il est impossible d’étendre complètement les jambes…
3h30, le matin, on arrive à Gokarne. Merci pour l’organisation, mais on fait comment maintenant ?
Avec les autres personnes du bus, on descend à Kudlee beach, et s’installe sur la plage, un peu de musique, et on finit la nuit à la belle étoile avec une très légère brise venant de l’océan (Un peu trop fraiche à mon goût, mais bon…).

Après avoir récupéré, je me décide enfin à aller à paradise beach, la dernière plage de Gokarne, la plus loin, où l’office de protection des forêts du Karnataka a détruit tous les restaurants et guest houses quatre ans auparavant pour préserver la nature. Evidemment, ils n’ont fait le travail qu’à moitié, et il reste encore les fondations et quelques pans de murs tagués. Résultat, Paradise beach ressemble plus à une plage abandonnée, qu’à une plage paradisiaque.. Une poignée de gens vivent en otarcie, dans des hamacs sur la plage, se lavent dans l’océan, et font leur vaisselle avec le sable et l’eau de mer.

Entre ma guest house et la plage, je passe devant plusieurs autres restaurants, et guest houses, et notamment le Mango Tree. Je ne sais plus comment j’en suis arrivé à sympathiser avec les voyageurs logeant là, mais c’est là que j’ai passé la majorité de mon temps. Jouer aux échecs, aussi un peu de go, discuter, ne rien faire pendant les heures les plus chaudes de la journée. Et comme je passe devant pour aller à la plage, je ne suis pas allé une seule fois au bord de l’eau, car je m’arrêtais au Mango tree avant, et n’en repartait pas…
Petit à petit, j’ai commencé à m’organiser, à aller dans le village tous les deux jours pour acheter des fruits et des légumes, du pain, du tahini (beurre de sésame), et autres. J’ai même trouvé cet outil pour chauffer l’eau. En fait c’est juste une résistance que l’on plonge dans le verre. Par contre, étant de manufacture indienne et douteuse, il faut prendre certaines précautions quant à son utilisation. Par chance, en Inde, les prises sont toutes équipées d’interrupteurs, donc on peut plonger la résistance dans l’eau, la brancher, puis allumer l’interrupteur, pour éviter de griller sur place. Du coup, j’ai pu me faire mon propre thé tranquillement, dans ma chambre, mes petits sandwichs. Et c’est là que j’ai commencé à réaliser que j’étais resté trop longtemps à Gokarne…
Au bout de deux semaines, je me suis enfin décidé à m’organiser pour partir vers le Nord (cette organisation était tellement mauvaise qu’elle aura un article à part entière….), pour rejoindre Nick et Karen.
Pendant ce temps là, j’ai été malade.. D’abord, ça a commencé par 5 jours de rhumes (sûrement à cause de la nuit sur la plage), puis deux jours de fièvre et de migraines, et enfin six jours de problèmes de digestion… Sympa. Et un peu flippant pour prendre le train. Car s’il y a quelque chose que n’importe quelle personne voyageur en Inde sait, c’est qu’il ne faut pas avoir besoin d’aller aux toilettes dans un train indien (en tout cas en classe sleeper.).

La veille de mon départ en direction de Jodhpur, dans le Rajasthan, en rentrant récupérer deux trois bricoles à la guest house, le fils du propriétaire, Shikara, m’invite à manger avec tout le monde pour la punja de la mort de son grand-père (une punja est une sorte de cérémonie hindou). Du coup je me retrouve avec 40 autres personnes résidant à Shiva prasad (le nom de la guest), à manger un très bon thali, traditionnellement présenté sur une feuille de bananier (facile à jeter !) et à même le sol. En revanche il faut lutter pour ne pas se faire remplir sa feuille de bananier indéfiniment et toutes les cinq minutes. Trentes secondes d’innatention et la feuille est de nouveau remplie.

Un dernier coucher de soleil sur la plage, et je suis prêt à partir le lendemain, direction Nord !

Dernier coucher de soleil à Kudlee

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>