Direction Nord, à la poursuite de Nick et Karen : Margao, Pune, Ahmedabad

Posted from Pune, Maharashtra, India.

Après avoir reçu un mail de Nick et Karen me disant qu’ils allaient à Jaisalmer, puis Jodhpur dans le Rajasthan, je me décide à aller à Jodhpur, et les attendre là-bas.
Dans l’idée, ça à l’air simple, mais aller vers le Nord à partir de mi-février est très compliqué.. Déjà, tous les trains sont pleins, donc on ne peut s’en sortir qu’avec des billets de type « tatkal ». Les tickets tatkal sont des tickets qui ne sont mis en vente que le jour qui précède le départ du train, à partir de 10h du matin (évidemment, il y a une surtaxe).
Bref, je trouve un train qui part de Kumta (à 1h de bus de Gokarne), et arrive direct à Jodhpur, soit un trajet de 35h.. Malheureusement, j’essaye d’avoir un billet sur internet, mais le site internet de la société de train indien bug. Impossible de le réserver, et tous les billets partent un par un sous mon nez.. Après ça, je commence à étudier tous les itinéraires alternatifs (environ une dizaine), mais le site internet étant toujours inaccessible, tous les trains se remplissent. Après 3h à galérer, j’arrive enfin à accéder à la page de paiement, pour un billet de train entre Margao (goa) et Pune (maharashtra). Et évidemment, ça ne marche pas, grâce au mastercard securecode, ce code reçu par sms qu’on doit entrer sur internet, pour prouver qu’on est bien le détenteur de la carte bleue. En théorie, c’est bien, en pratique, je n’ai pas reçu de sms. Je demande donc à proprio du cybercafé si il peut appeler une agence de tourisme qui me réserverait le billet. Mais la place ayant été prise entre temps, il ne reste plus qu’une seule place libre dans le train, en classe 2ac (soit la deuxième classe la plus chère), avec évidemment une énorme surtaxe d’agence..

Le lendemain, je pars donc à la station de train de Gokarne, pour prendre un train jusqu’à margao, d’où part le train pour Pune, dans lequel j’ai une place. Arrivé à la gare, je demande à acheter un billet tatkal depuis Pune vers Jodhpur, pour le lendemain. Comme la chance est de mon côté, ils ne vendent pas de tatkal dans cette gare. Je le ferai donc à Margao.
Le train étant une heure en retard, j’arrive à Margao à 13h45, et vais direct au centre de réservation. après quinze minutes d’attente, le comptoir ferme juste devant moi. J’attend donc la fin de la pause, jusqu’à ce que quelqu’un me dise que le dimanche, le centre de réservation ferme définitivement à 14h. Bon, bah pas de ticket pour le lendemain.
Je prends donc le train, dans la classe climatisée, où l’on a heureusement une couverture. Il fait beaucoup trop froid là-dedans. Arrivé à 4h du matin à Pune, je sors de la couverture et me mets à trembler de partout, à cause de la climatisation.
Dehors, il fait froid aussi, comparé à Gokarne. Ce qui est étonnant, dans ces gares de grande ville, c’est le monde présent pendant la nuit. Vendeurs de chaï ambulant, foule de gens attendant leurs train, généralement en dormant sur le sol, mendiants, etc… Jusqu’à 8h du matin, il n’y a rien à faire, et j’essaye de discuter avec les gens, mais 90% ne parlent pas anglais, seulement Hindi et mahari, la langue locale.
A 8h, le centre de réservation ouvre, et je me précipite pour voir si je peux avoir un billet pour Jodhpur. Le train étant déjà plein, je me replie sur un train allant à Ahmedabad, allant plus vite que le train direct pour Jodhpur. Ainsi, je pourrais rattraper le train pour Jodhpur à Ahmedabad. Heureusement, il reste 6 places, mais seulement en 3ac (plus ou moins la même chose qu’en 2ac, mais avec 20 centimètres de plus au-dessus de la tête..). Et maintenant, j’ai plus qu’à attendre jusqu’à 22h..

Je fais donc de nombreux allers retours entre le parking pour deux roues de la gare, où je fume mes cigarettes, et la gare elle-même. A force, les personnes travaillant au parking m’invitent à m’assoir avec eux. A un certain moment, un gamin indien passe à côté de moi en gueulant « OK » exactement comme christian clavier dans les visiteurs. On discute, et ils me conseillent d’aller visiter le Ganpathi Ganesh temple, dans le centre ville. Ayant du temps à tuer, je vais y faire un tour. Et effectivement, en plein milieu de ce centre ville bruyant et extrêmement actif, un petit temple en argent, dédié à Ganesh est visité par des centaines d’indiens.
En retournant au parking, je rencontre le patron, qui décide de m’emmener en scooter jusqu’à l’autre parking de la gare, où il a une petite cabane ouverte pour s’abriter du soleil (oui parce que pendant la journée il fait très chaud) et boire un chaï. J’apprends alors à compter de 0 à 10 en hindi, puis de 11 à 20, mais j’oublie bien vite. J’arrive à me rappeler de 0 à 10. Au final c’est pas si utile que ça, si on ne peut pas dire le nom des objets en hindi…
N’ayant que des grosses coupures, je vais demander au guichet de la gare de me faire du change. Comme ça marche, je vais à chaque guichet pour casser un billet. Et comme il y a 10 minutes d’attente au minimum à chaque fois, ça permet de passer le temps.

Finalement, mon train arrive, et je rentre dedans. Encore une fois il fait froid, trop froid. En-dessous de moi, il y a une (petite) famille indienne, soit le père, la mère, l’oncle, le fils, sa femme et leur nouveau-né. On commence à discuter, et ils me demandent des photos de chez moi. Je leur dit que je n’en ai pas, et ils me demandent si j’en ai sur mon téléphone. Là je sors mon super nokia noir et blanc, et ils se foutent de ma gueule (gentiment). Le fils me montre son super smartphone, et pourquoi, je ne sais pas, mais il ouvre un dossier nommé « adults », et commence à me montrer tout son porno. Je lui explique que c’est pas vraiment mon truc, et essaye de ne pas trop stresser pour dormir. Apparement, pour sa famille, ça pose pas de problème. Ca se trouve ils regardent du porno en famille le dimanche après le repas….

Bref, je dors plus ou moins bien, et arrive à Ahmedabad avec 45 minutes de retard.  Je me demande alors si mon train sera encore là, celui pour Jodhpur. L’arrivée à Ahmedabad est magnifique, depuis le train, ces nuances de rose dans le ciel, avec des milliers d’oiseaux qui volent dans le ciel, dont seules les silhouettes se distinguent du ciel. Heureusement, le train pour Jodhpur a autant de retard que le mien. Je prends donc un ticket en general second sitting class, soit la classe la plus populaire (la seule qui ne nécessite pas de réservation, et qui n’a pas de limite de place). Dehors, première différence avec le sud, les rickshaws sont vert et jaune, au lieu de noir et jaune. Les oiseaux virevoltent tout autour de la gare, dans un vacarme assez infernal (imaginez, ça couvre le bordel que font les rickshaws). Dans les toilettes, une monumentale merde humaine marque l’entrée du couloir, sympa.
A l’arrivée du train, je cherche le controleur, pour qu’il me trouve une place en classe sleeper, en échange du paiement de la différence. Il me trouve une place, je m’y rends, et j’attends. En face de moi, un couple marié, et le père du mari, commencent à discuter avec moi. Elle ne parle pas hindi, et lui ne parle pas anglais. Au bout d’un moment, il me demande à l’oreille « How do you say I love you in your language ? », je lui réponds « Je t’aime », et là, ils commencent à se dire je t’aime à tout va. Oui, parce que culture indienne oblige, déjà qu’il ne se touche pas en public, il serait très mal vu qu’il se disent I love you, et comme personne ne comprends le français…
Vers 11h, ils commandent de la nourriture par téléphone, pensant qu’il s’agit du service du train qu’ils appellent, je commande aussi de la nourriture. 1h plus tard, quand on s’arrpete à Mont Abu, à la frontière du Rajasthan et du Gujarat, un homme nous passe des sacs de nourriture à emporter par la fenêtre. En fait, ils avaient appelé un restaurant de Mont abu qui est venu nous livrer à la fenêtre de notre wagon.

Plus que 5 heures avant d’arriver à Jodhpur. Par la fenêtre, je commence à voir des antilopes, des gazelles et des dromadaires, et surtout, le désert. Pas un désert de dunes, un désert plat.. Avec… rien.. (D’ailleurs j’avais une super photos prise par la fenêtre du train, mais comme j’ai perdu mes photos, bah je l’ai plus….) Le train finit par s’arrêter à la gare juste avant Jodhpur, et quelqu’un annonce qu’en raison de travaux, il faut descendre ici. Forcément, il n’y a pas de bus, mais une multitude de rickshaws. Je finit par en trouver un qui accepte mes prix, mais je dois m’assoir à côté de lui sur le siège conducteur avec les jambes à l’extérieur..

Après un tour en rickshaw assez dangereux et vivifiant, j’arrive enfin à Jodhpur, la cité bleue.

Billets de trains

Les billets de trains, et autres formulaires pour rejoindre Jodhpur depuis Gokarne

Au final, rejoindre Jodhpur m’aura pris 2 jours et demi, dont 18 heures d’attente dans cette ville inintéressante qui est Pune.

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