Gokarna 2, le piège

Posted from Karnataka, India.

En chargeant les photos sur l’ordinateur depuis la carte mémoire au cyber-café, la carte a été corrompu, et j’ai été obligée de la formater, donc il n’y a malheureusement qu’une seule photo que j’ai pu sauver… Bref, pas trop de photos pour cet article..

Karen et Nick, se dirigent vers le Nord de l’Inde depuis Hampi, et vont à peu près aux endroits où je voudrait aller, mais je veux retourner à Gokarne. Je leur dit donc que je les rejoindrai dans le nord après avoir passés quatre cinq jours à Gokarne.

Après une petite heure d’attente dans Hospet (la grosse ville à 20 minutes de Hampi), le bus arrive.
Cette fois-ci, c’est un bus de nuit non climatisé (donc moins cher), à l’aspect un peu viellot. Je me retrouve à l’arrière du bus, sur la couchette du haut (une couchette qui prend toute la largeur, pour 4 personnes.). A côté de moi, ô surprise, ce sont deux français que j’avais déjà vu à Gokarne. Deux musiciens/chanteurs qui font le tour du monde en vivant de la musique de rue, pas trop mal. A gokarne, ils chantaient sur la plage, de la chanson française.
Du coup, l’arrière du bus était animé pendant le trajet. Chanter les vrp, Brel, Zebda et autres font du bien, et rappellent les bons côtés de la France.
Grosse erreur, on commence à boire quelques bières, et évidemment, une heure après, on a tous envie de pisser, mais le bus ne s’arrête pas.. Après une heure d’attente à se tordre la vessie, le bus s’arrête et l’on se précipitent tous dans les buissons au bord de la route !
Dormir dans ce bus n’est pas la chose la plus aisée. Tout d’abord, la route étant défoncée, le bus allant très (trop) vite, et étant à l’arrière (juste au-dessus des roues), on se retrouve à environ 10 cm au-dessus de la couchette toutes les trentes secondes. Aussi, la taille de la couchette doit être calculée par rapport à la taille moyenne d’un indien, car il est impossible d’étendre complètement les jambes…
3h30, le matin, on arrive à Gokarne. Merci pour l’organisation, mais on fait comment maintenant ?
Avec les autres personnes du bus, on descend à Kudlee beach, et s’installe sur la plage, un peu de musique, et on finit la nuit à la belle étoile avec une très légère brise venant de l’océan (Un peu trop fraiche à mon goût, mais bon…).

Après avoir récupéré, je me décide enfin à aller à paradise beach, la dernière plage de Gokarne, la plus loin, où l’office de protection des forêts du Karnataka a détruit tous les restaurants et guest houses quatre ans auparavant pour préserver la nature. Evidemment, ils n’ont fait le travail qu’à moitié, et il reste encore les fondations et quelques pans de murs tagués. Résultat, Paradise beach ressemble plus à une plage abandonnée, qu’à une plage paradisiaque.. Une poignée de gens vivent en otarcie, dans des hamacs sur la plage, se lavent dans l’océan, et font leur vaisselle avec le sable et l’eau de mer.

Entre ma guest house et la plage, je passe devant plusieurs autres restaurants, et guest houses, et notamment le Mango Tree. Je ne sais plus comment j’en suis arrivé à sympathiser avec les voyageurs logeant là, mais c’est là que j’ai passé la majorité de mon temps. Jouer aux échecs, aussi un peu de go, discuter, ne rien faire pendant les heures les plus chaudes de la journée. Et comme je passe devant pour aller à la plage, je ne suis pas allé une seule fois au bord de l’eau, car je m’arrêtais au Mango tree avant, et n’en repartait pas…
Petit à petit, j’ai commencé à m’organiser, à aller dans le village tous les deux jours pour acheter des fruits et des légumes, du pain, du tahini (beurre de sésame), et autres. J’ai même trouvé cet outil pour chauffer l’eau. En fait c’est juste une résistance que l’on plonge dans le verre. Par contre, étant de manufacture indienne et douteuse, il faut prendre certaines précautions quant à son utilisation. Par chance, en Inde, les prises sont toutes équipées d’interrupteurs, donc on peut plonger la résistance dans l’eau, la brancher, puis allumer l’interrupteur, pour éviter de griller sur place. Du coup, j’ai pu me faire mon propre thé tranquillement, dans ma chambre, mes petits sandwichs. Et c’est là que j’ai commencé à réaliser que j’étais resté trop longtemps à Gokarne…
Au bout de deux semaines, je me suis enfin décidé à m’organiser pour partir vers le Nord (cette organisation était tellement mauvaise qu’elle aura un article à part entière….), pour rejoindre Nick et Karen.
Pendant ce temps là, j’ai été malade.. D’abord, ça a commencé par 5 jours de rhumes (sûrement à cause de la nuit sur la plage), puis deux jours de fièvre et de migraines, et enfin six jours de problèmes de digestion… Sympa. Et un peu flippant pour prendre le train. Car s’il y a quelque chose que n’importe quelle personne voyageur en Inde sait, c’est qu’il ne faut pas avoir besoin d’aller aux toilettes dans un train indien (en tout cas en classe sleeper.).

La veille de mon départ en direction de Jodhpur, dans le Rajasthan, en rentrant récupérer deux trois bricoles à la guest house, le fils du propriétaire, Shikara, m’invite à manger avec tout le monde pour la punja de la mort de son grand-père (une punja est une sorte de cérémonie hindou). Du coup je me retrouve avec 40 autres personnes résidant à Shiva prasad (le nom de la guest), à manger un très bon thali, traditionnellement présenté sur une feuille de bananier (facile à jeter !) et à même le sol. En revanche il faut lutter pour ne pas se faire remplir sa feuille de bananier indéfiniment et toutes les cinq minutes. Trentes secondes d’innatention et la feuille est de nouveau remplie.

Un dernier coucher de soleil sur la plage, et je suis prêt à partir le lendemain, direction Nord !

Dernier coucher de soleil à Kudlee

Des pierres et des singes : Hampi

Posted from Hampi, Karnataka, India.

18h, départ de kudlee beach pour rejoindre la gare routière de Gokarne. De là, une heure de bus locale nous amène à Ankola (A côté d’un alcoolique qui essayait de communiquer avec moi, déjà que je connais pas sa langue….), où un rickshaw nous amène au point de départ de notre bus de nuit : Un hotel bar restaurant au bord de la route, au milieu de … rien.
Ambiance un peu bizarre autour de cet hotel, mais bon, on a trois heures à tuer avant de prendre notre bus, du coup, on se fait un petit programme : Une heure pour manger, une heure pour boire et une heure de frisbee.
Après un thali, quelques verres de rhum et une heure de frisbee, le bus est censé arriver, mais Inde oblige, forcément, il n’est pas là.
Alors qu’on avait prévu de ne pas avoir d’attente, on doit quand même s’assoir et commencer à s’ennuyer..
Une heure et demie après l’heure de départ prévue, le bus arrive, mais le chauffeur décide de faire une pause déjeuner de trente minutes.
Trois paquets de clopes dans les poumons, et trois verres de rhums dans le foie, une fois le bus parti, on dort comme des bébés, malgrès le mauvais état des routes (d’un autre côté, c’est pas vraiment un problème vu que le bus vole presque au-dessus de la route).

On arrive à Hampi, à l’heure, avec deux heures de retard au départ. Oui, les chauffeurs indiens roulent très vite.
Là, on ouvre les yeux. L’arrivée dans Hampi est fantastique. Autour de nous, des amas de pierres forment des collines, une rivière, des esplanades, sur lesquels différentes espèces de singes se baladent tranquillement. On a l’impression de pénétrer dans un autre monde.
Hampi  fut, il y a longtemps la capitale d’un royaume (je me rappelle plus des détails), et s’étendait sur une très grosse surface, il en reste maintenant un nombre conséquents de ruines, au milieu, sur, sous, et autour des pierres.

Un des innombrables singes

Un des innombrables singes

Autre curiosité à Hampi : les singes qui ont envahi le village. Apparement, la production du film français Hanuman (tourné à Hampi), aurait décidé de relacher plus de deux cent espèces de singes sur le site (en plus de ceux qui étaient là avant) pour le décors du film, et ne s’en sont plus occupé après, laissant la population locale se démerder avec les primates.

Après avoir trouvé une guest house où crécher pour pas cher avec Nick et Charlie, où une amie française de Nick, Karen nous rejoint pour partager une chambre à quatre, on décide d’explorer le village et le temple principal de Hampi.

Temple de hampi

Chemin sur le côté du temple de hampi

A l’entrée du temple, on nous demande de payer pour les appareils photos, on décide alors de faire le tour et d’essayer de pénétrer par une porte latérale au temple. Malheureusement, on se fait repérer (ils ont l’oeil et la mémoire les indiens !), et jeter. On continue de faire le tour du temple, et trouve une porte à l’arrière du temple, par lequel on rentre et se promène librement dans l’enceinte du bâtiment.
A l’entrée, un éléphant bénit les gens avec sa trompe : on donne un peu d’argent dans le trompe de l’éléphant, que celui-ci donne à son cornak, puis l’éléphant pose sa trompe sur la tête de la personne à bénir. On peut aussi donner de la nourriture, que l’éléphant mange. D’ailleurs, si vous ne donnez que 2-3 roupies, il posera sa trompe moins longtemps que si vous lui en donnez 10. Pas con l’éléphant.

Le temple principal de Hampi

Le temple principal de Hampi

Après cette courte et gratuite visite, on va manger. Sur la carte du restaurant, deux boissons nous intriguent : Special drink, et Hampi, coutant respectivement 200 et 500 roupies (c’est cher !). On se renseigne, il s’agit en fait, respectivement, de bière et de Bang lassi. Le bang lassi est un lassi, donc fait à base de curd (sorte de yahourt) et de cannabis, assez prisé des indiens, et forcément des touristes.
On engage la conversation avec une fille assise seule à côté de nous, une américaine, et lui propose de se joindre à nous (on le regrettera plus tard).

L’après-midi, on décide de grimper sur une « colline » de pierre. 20 minutes de pseudo-escalade sur un tas de pierre géant (donc plein de crevasses, et vide à l’intérieur, vaut mieux pas tomber), et on découvre Hampi vu d’en haut. La vue est magnifique d’en haut !

Hampi vu d'une colline de pierre

Hampi vu d’une colline de pierre

Quelques heures plus tard, on redescend pour le coucher de soleil, à côté du temple principal, en compagnie des singes (j’ai tenté d’en apprivoiser un en lui donnant ma bouteille d’eau. Il a pris la bouteille, mais il m’a pas kiffé…). Encore une fois le spectacle est magnifique. C’est vraiment dur de se lasser des couchers de soleil en Inde. Mais bon, voyez par vous-même, ça vaut vraiment le coup d’oeil.

Coucher de soleil sur hampi

Coucher de soleil sur hampi

Après un dinner léger, on décide de rentrer à la guest house. Le chemin pour accéder à la guest house est bloqué par des indiens qui font de la musiques, il y a des chaises à côté, on se dit « cool ! Un concert ! ». Derrière nous, un vieil homme est assis en tailleur sur une petite estrade adossé au mur, habillé en blancs avec des colliers de fleurs autour de lui, les yeux fermés. On commence à penser « qui c’est ce vieux mec super sérieux à côté du mini-concert ? ». Quelques secondes après, on se rend compte qu’il tient droit à l’aide de deux bouts de bois placés sous ses aisselles, et qu’il s’agit en fait de funérailles, et non d’un concert.. On a ensuite entendu les indiens chanter et jouer de la musique toute la nuit.

Le lendemain, on retrouve Axelle et Marion, deux françaises avec qui on éait à Gokarne qui arrivent juste à Hampi. On loue trois mobylettes, et décide de se promener dans les ruines alentours. On arrive alors dans des sites grandioses, avec de longues allées (dur sous la chaleur) avant d’arriver au bâtiment principal.

Un chemin de ruines sous la chaleur étouffante

Un chemin de ruines sous la chaleur étouffante

La majorité des ruines peuvent être visités gratuitement, mais trois sites sont payants. 250 roupies par personne. On se concerte, et décide que 250 roupies c’est trop, il doit bien y avoir une entrée à l’arrière. On fait le tour, et effectivement il y a une entrée à l’arrière, mais il y a aussi des gardes. On tente alors de les soudoyer, et bah… ça marche assez facilement. Et hop, on entre pour 70 roupies par personne !

Le garde qu'on a soudoyé

Le garde qu’on a soudoyé (remarquez mes nouvelles lunettes, et mes belles oreilles)

La chaleur commençant à s’estomper, on se dirige vers la rivière pour se baigner. Là l’eau est fraiche, il y a un peu de courant, et encore une fois, le paysage autour est magnifique.

Au bord de la rivière

Au bord de la rivière

En Inde, on est jamais seul. Même au bord de la rivière, avec personne autour, il y a toujours quelqu’un qui nous regarde. Et forcément, une bande de jeunes (cons) indiens attiré par la chaire fraiche se ramène. Et là commence une trentaine de minutes à les empêcher de prendre des photos des filles en maillot de bain. (Bon première erreur, le maillot de bain..) Bref, vaut mieux pas se baigner seule en étant une fille à Hampi, et dans la plupart de l’Inde remarque…).

Le soir, on rencontre Charles, un autre américain (mais cool), qui se joint à nous le lendemain, pour continuer d’explorer les environs en mobylette.

A l'intérieur d'une ruine

A l’intérieur d’une ruine

Du coup, le matin, on se motive et commenc à bouger et se promener dans les environs, voir quelques ruines. En parlant de ruine, on se retrouve devant un autre site payant, mais cette fois-ci, pas d’entrée à l’arrière ni sur les côtés. Au bout d’une vingtaine de minutes, on tente quand même d’acheter le garde de l’entrée principale, et après 15 minutes de négociations, on entre pour 50 roupies par personne ( au lieu de 250). Et à qui on les donne ces 400 roupies (oui on est 8) ? Bah au mec de la billetterie, évidemment !
On continue de rouler entre les rochers, et se pose au bord de la route pendant une petite heure, durant laquelle un jeune indien (environ 12-13 ans) vient nous demander un peu tout et n’importe quoi :  » Cigarette ? », « Chocolate ? », « 10 roupies ? ». Et quand on lui demande son age (rapport aux cigarettes) il nous répond évidemment : « 26″. On expérimente aussi toutes sortes de choses : à trois sur une mobylette, à quatre sur une mobylette, le passager tourné vers l’arrière, etc… En Inde, tout est possible. (L’inverse est vrai aussi d’ailleurs..)

Easy rider

Easy rider (ou presque)

Ensuite, on retourne à la rivière pour se baigner. Charles, Charlie et moi allons grimper sur des rochers (c’est vraiment bien pour passer le temps à Hampi), et c’est déjà la fin de la journée !

From the top

From the top

Le lendemain, on déménage de l’autre côté de la rivière qui longe Hampi. Soi-disant, de l’autre côté c’est mieux, c’est plus calme et c’est moins cher.
On arrive de l’autre côté, et là c’est la galère pendant deux heures pour trouver des chambres pour un prix correct. On finit par trouver une chambre à partager à cinq (avec Nick, Karen, Axelle et Marion). Et d’ailleurs, miracle, on a une salle de bain pour nous ! Et de l’eau chaude ! Ca fait bizarre la première douche chaude en plusieurs semaines ! Au final, l’autre côté de la rivière n’est pas si intéressant, c’est une succession de guest house, de boutiques et de restaurants…
On décide ensuite d’aller manger, se cale dans un restau, commande (on note tous ce qu’on veut sur un bout de papier), et on commence à attendre. Après une heure et demie, mon plat arrive. Sauf qu’il n’a rien à voir avec ce que je voulais. Même chose pour Marion. Axelle a son plat après deux heure et demie d’attente, et Charlie n’a juste rien. On demande l’addition, et là, le serveur me fait signe et me demande de venir. Là, il me montre notre commande, et me demande de vérifier ce que l’on a eu. Après avoir corrigé le bon, le serveur me demande de regarder sur le menu, et de relever les prix de notre commande. Forcément, je lui demande pourquoi, et il me répond « Me, never go to school, don’t know reading ». Aaaaaah ok ! C’est pour ça qu’ils ont pas compris notre commande, ils pouvaient pas la lire. (Pourquoi nous demander de l’écrire dans ce cas ?). Du coup, j’ai fait l’addition à sa place (mais j’ai été honnête). Sympa.
Donc, une fois notre journée ruinée par la recherche d’une chambre et l’attente de nourriture, on raccompagne Charlie jusqu’à la rivière, pour lui dire au revoir, et bonne chance (Il part au Vietnam).

Le jour d’après, on en branle pas une.. Puis en début d’aprèm, on part en mobylette jusqu’à un énorme lac artificiel, au milieu des rochers. On s’arrête sur la route pour manger, et se retrouve à manger un thali (pas trop mauvais), de façon rudimentaire (par terre), mais animée (les poules qui passent, les chiens qui passent, les chats qui passent…).
Bref rien d’extraordinaire.

Sur la route

Sur la route

Le soir venu, on se prépare pour le coucher de soleil, en grimpant sur un amas de pierre, où les gens jouent de la musique, dansent, discutent, et se relaxent pendant 30 minutes.

Sunset point

Sunset point

Le dernier jour, on va au temple d’Hanuman, tout en haut d’une de ces collines de pierre. 20 bonnes minutes à grimper des escaliers, en compagnie de singes. D’ailleurs, les bébés singes ressemblent vraiment à des bébés humains.
De là haute, la vue est extraordinaire (sorry, no camera), le vent souffle, et l’atmosphère est chargée de spiritualité. Les gens grimpent jusqu’en haut pour donner en offrande une noix de coco, des bananes..

Puis c’est le jour du départ. Je retourne à Gokarne par un bus de nuit, en compagnie de Diane et Léa, deux françaises que j’ai rencontré à Hampi.

Plage, hippies, Shiva, vaches et jungle : Gokarna

Posted from Karnataka, India.

Départ de Mysore à 23h45, direction Gokarne (ou Gokarna). Premier train de nuit en Inde, et je me retrouve en classe 3AC. Le côté wagon climatisé est pas top, il fait froid, mais, à mon grand étonnement, j’ai deux draps, un oreiller avec taie, une couverture et une serviette de toilette (et en plus c’est propre !). Et c’est parti pour 13h de train !
Dormir dans le train a été d’une facilité déconcertante ! Contrairement aux nuits dans les villes, le bruit est constant dans un train, et en plus le mouvement sur les rails berce et aide à dormir.
A l’arrivé à la gare de Gokarne, il est 13h et le soleil tape violemment. Pour ça, le wagon climatisé est une mauvaise idée. Passer de très froid à très chaud, c’est pas toujours top.
De la gare, il faut encore faire une dizaine de kilomètres en rickshaw pour arriver au village.

Gokarne est un village saint, et un lieu de pélerinage important. Gokarna signifie Oreille de vache. D’après la légende, ce serait de là que Shiva serait né d’une oreille de vache. On trouve donc plusieurs temples dédiés à Shiva et à sa femme Parvati, et même un temple dédié à leur fils, Ganesh. Le village de Gokarne débouche sur une grand plage, où affluent les pèlerins, et maintenant les touristes. Ensuite, se succèdent quatre autres plages : Kudlee, Om, Half-moon et Paradise.

Kudlee beach

Kudlee beach

A kudlee beach, où je me suis installé, il n’y a que des occidentaux. Principalement des gens qui restent pour plusieurs mois, et souvent en famille. Du coup, il y a beaucoup d’enfants, et beaucoup de hippies. Enfin, plutôt des post-hippies un peu prétentieux et complètement dans le système. (« Non mais lui c’est pas un vrai hippie, regarde comment il s’habille, et ses dreadlocks sont trop mal faites »). Enfin c’est pas le cas de tous le monde, mais bien de 25%. L’ambiance est quand même géniale.
Le coucher de soleil sur kudlee beach est un peu tribal. Tout le monde est réuni sur la plage, et les gens dansent au rythme des percussions et des guitares. Le soleil se couche à l’horizon. Vingt minutes plus tard, tout le monde est parti. Il ne reste alors que les vaches, qui passent leurs journées sur la plage, en compagnie des chiens.
La plupart du temps, les gens se regroupent alors autour de feux sur la plage, avec un peu de musique et quelques bières fraiches, pour refaire le monde jusqu’à quatre du matin, et se réveiller en oubliant toutes ces bonnes résolutions.

Shikara, le fils du patron de la guest house où je dors m’emmène visiter les alentours. Il m’emmène voir le coucher de soleil, depuis le temple de Shiva et Parvati au sommet de la colline entre Kudlee et Om beach. Chaque coucher de soleil en Inde est un spectacle, et celui-ci est magnifique. Depuis le sommet, face au vide et à la mer, le temps d’un coucher de soleil, il n’y a plus de problèmes.

Coucher de soleil depuis la colline entre Kudlee et Om beach

Coucher de soleil depuis la colline entre Kudlee et Om beach

Gokarba

L’entrée de Gokarba

Le lendemain, je vais visiter la grotte de Gokarba, ce qui signifie estomac de la vache. Il s’agit encore d’un lieu de pèlerinage important. Il y a même un petit temple à l’intérieur de la grotte. Depuis l’intérieur, on peut voir un trou d’où la lumière entre dans la grotte. Il s’agit de Gokarna, l’oreille de la vache. Ainsi, les pèlerins entrent par l’estomac, et ressortent par l’oreille, pour être lavés de leurs péchés.

Gokarna

L’oreille de la vache, depuis la grotte

Tout autour de la grotte, et comme sur toutes les terres environnantes, le sol est fait de roches volcaniques noires qui donnent un côté très désertique au paysage. Mais il y a une jungle assez épaisse qui pousse sur ce sol fait de roche, qui donne un contraste assez sympa.

Colline

Les roches qui constituent le sol aux alentours de Gokarne

Shikara

Shikara, au coucher de soleil à Jattaya Tilta

En allant vers la falaise entre Gokarne et Kudlee, on trouve un petit sentier qui descend vers l’océan. Il se rétrécit ensuite en un escalier de fortune de dix centimètres de large. Il mène au Jattaya Tilta, un lieu de pèlerinage, dont j’ai complètement oublié la légende. En fait, il y a, caché derrière un rocher, une petite source, d’où un mince filet d’eau coule en permanence, depuis…. toujours ? La question est : d’où vient l’eau ? Car elle tombe du sommet de la colline, qui n’a pas l’air très riche en eau. En tout cas, l’endroit est magnifique, et parfait pour le coucher de soleil. Personne pour venir perturber les quinze minutes de paix intérieure quotidiennes !

Coucher de soleil

Coucher de soleil à Jattaya Tilta

En se promenant sur la plage, je rencontre des gens avec qui j’avais passé un peu de temps à Varkala. En fait tout le monde suis plus ou moins le même chemin, et ce genre de coincidences arrive très fréquemment ! Du coup, à partir de là, c’est farniente sur la plage, ne rien faire de la journée, siroter des lassis frais et jouer au frisbee.. On rencontre des gens, on passe des journées assis à ne rien faire, puis on va chercher du bois pour faire un feu la nuit venue. Petit à petit, on forme un groupe de cinq personnes, dont trois français, un anglais et un australien.
Alors que j’avais prévu de rester trois semaines à Gokarne, les autres me proposent de les accompagner à Hampi le lendemain, et je me retrouve à acheter un ticket pour un bus de nuit.

Gokarne, en tout cas, reste le meilleure endroit pour se détendre, et passer deux semaines sans se prendre la tête après avoir couru d’un endroit à l’autre pendant un mois. D’ailleurs, je compte y retourner après une semaine à Hampi, vu que je ne suis toujours pas allé à Paradise beach.

Des montagnes à la ville : Mysore

Posted from Mysore, Karnataka, India.

Après un réveil tranquille dans le calme de la guest house, un trajet en rickshaw d’une grande difficulté pour mon dos (et encore, je suis étonné qu’il ait résisté à une route aussi pourrie), et un petit chai, je me retrouve à attendre dans le bus en direction de Mysore, dans le Karnataka.
A la seconde près, le bus démarre et commence à partir, et là commence la première partie du trajet, sur de bonnes routes mais truffées de ralentisseurs (environ un tous les cinquante mètres), et donc à une vitesse très réduite (ou plutôt une alternance de grosse accélérations et de gros freinages..). Evidemment, c’est un bus d’état local, qui s’arrête tous les 300 mètres.
Au bout d’une heure, on arrive à la fin de la route, celle-ci étant fermée, et nous prenons la déviation… Et là commencent 45 minutes de souffrance. Ce n’est pas une route, mais un chemin. Et encore, chemin est un grand mot. Disons qu’il s’agit de terre battue, mais la terre s’étant envolée en poussière, il n’en reste que les pierres. Et là pas de ralentisseurs, donc le chauffeur de bus va aussi vite qu’il peut (c’est-à-dire maximum 60km/h). Au final, le rickshaw que j’ai pris un peu plu tôt était pas si mal. Du coup je me cogne partout, l’air qu’on respire n’est que poussière, et il commence à faire chaud car on redescend des montagnes.
Ensuite, la route redevient bonne (enfin, faut pas exagérer non plus), et le dernière heure et demie se passe tranquillement, assis à côté d’un indien qui essaie de communiquer avec moi, en me disant qu’il ne parle pas anglais (mais qui essaye quand même d’aligner des mots anglais dans un ordre assez hasardeux).
Et là j’arrive à Mysore.

Mysore est la capitale du bois de sandal. C’est un bois utilisé pour faire des encens et des huiles essentielles, principalement, mais qui peut être aussi brûlé tel quel, en délivrant une odeur particulièrement agréable. Entre autres choses, Mysore est également connue pour être l’ancienne capitale du royaume de Mysore (qui faisait la taille de l’actuel état du Karnataka), dont le palais est situé au centre de la ville.
A peine arrivé, je pars à la recherche d’une tablette numérique. Oui, je me suis rendu compte qu’en fait, en Inde (du sud en tout cas), on trouve de la wifi partout, et que tous les ordinateurs sont d’une lenteur exceptionnelle (ils font peut être exprès pour que les gens qui travaillent dans l’administration puissent prendre leur temps…). La majorité des personnes que j’ai croisé voyagent avec des tablettse et des ipads, voire des ordinateurs. Bref, je commence à demander dans les différents magasins, et me fait envoyer d’un endroit à l’autre, mais il m’a fallut faire au moins dix boutiques différentes avant de trouver ce que je cherchais. Le prix est correct, environ 80 euros. Et ce n’est qu’après l’avoir acheté, que je me suis rendu compte qu’il n’y a la wifi nulle part dans Mysore, ou presque. Utile, en somme. Fin de la journée.

Grosse mission de mon avant-dernier jour à Mysore, acheter un billet de train pour Gokarne. Tous les trains étaient déjà complets depuis deux semaines, mais il existe un quotas de billets de trains débloqués la veille du départ à partir de 10h du matin. Ils appellent ça les billets « tatkal ». Bref, en gros il faut remplir un formulaire, avoir une photocopie du passeport et du visa. Et faire la queue. Etant arrivé en avance, je n’ai attendu que 1h30, mais d’autres ont bien du attendre trois heures. Bref, j’ai réussi à avoir mon billet, tout va bien, je pars le lendemain pour Gokarne à 23h45.

Ensuite, je vais visiter le palais de Mysore, qui est de très loin la construction la plus excentrique que j’ai pu voire jusque là. C’est vraiment plaisant de se promener dans cet énorme palais, entièrement décoré de pierre sculptée, d’ivoire, de vitraux, de colonnes, le tout en couleurs et dorures. A ne surtout pas manquer en Inde du sud !

Palais de Mysore

Le palais de Mysore

En sortant, je vais boire un chai au bord de la route, et commence à discuter avec la personne à côté de moi. Au bout de quelques minutes, je lui demande son avis quant au montant que je devrais payer pour aller du palais à Domino’s pizza (oui, je sais, c’est mal, mais bon..). Il me répond que je ne devrais pas dépasser 30 roupies. On continue de discuter, puis il finit par me dire qu’il est conducteur de rickshaw, et qu’il fait visiter des fabriques de bidies (les sortes de cigarettes indiennes faite de tabac non traité et enveloppé dans des feuilles de tendu ou de kendu, et qui sentent l’eucalyptus.), d’encens et d’huiles essentielles. Il me propose alors de me faire visiter ces endroits et de me déposer à domino’s pour 30 roupies. Forcément, j’accepte, et me retrouve avec deux autres touristes dans son rickshaw. Au bout de cinq minutes, il me « passe » à son ami conducteur de rickshaw, qui me fera la visite. Son nom : Master blaster, rien que ça…
Ce nouveau conducteur de rickshaw m’emmène en premier dans une fabrique de tables ornées indiennes, faites de bois de teck principalement, et incrusté de décorations en bois de couleurs. La fabrication d’une table prend au minimum 10 mois. C’est sûr que quand on fait tout à la main.. Mais les tables sont absolument magnifiques. Bien évidemment, je n’ai pas de photos des différents endroits que j’ai visité avec ce conducteur de rickshaw, car je ne me sentais pas à l’aise. C’est dur de juger si la personne qu’on ne connaît pas du tout et qui nous emmène dans des petites ruelles désertes jusque dans des petits ateliers sombres est une personne de confiance. Bref.
Il m’emmène ensuite dans une fabrique de bidies, où bien sûr, tout est fait main, à une vitesse impressionnante. En fait, ce sont dix petits vieux qui découpent des feuilles de tabac en petits morceaux, puis les roulent dans des morceaux de feuilles de tendu, et les attachent ensuite avec une petite ficelle.
Le prochain arrêt est la fabrique d’encens. Alors là j’avoue que je n’ai pas tout compris de ce qu’on m’a expliqué, mais j’ai été accueilli par un indien relax. En fait, un indien hippie (sans avoir les cheveux longs ni des dreads, mais juste une aura de hippie qui se dégage de son corps), qui m’explique alors la procédure. En gros ils font une pâte à base de charbon (naturel je présume), dans lequel ils ajoutent quelques gouttes d’huile essentielle de sandal, ou autre pour donner l’odeur à l’encens. Cette pâte est ensuite apposée sur un petit bâton en bambou, et le surplus est enlevé en faisant rouler le bâton entre les mains. Il ajoute ensuite une sorte de poudre dessus, impossible de me rappeler ce que c’était. Et voilà. Pareil, ils vont à une vitesse impressionnante, si j’en faisait un, ils aurait le temps d’en faire cinquante…
Ce proprio hippie m’emmène donc dans son arrière-salle pour me montrer toutes ses huiles essentielles. Et là c’est le début d’un festival d’odeurs. Sandal, nénuphar, musk, jasmin noir, jasmin blanc, lotus, etc.. Autant dire que je me suis transformé en une espèce d’énorme désodorisant pour voiture.. Sur les murs de cette arrière-salle, il y a des commentaires de gens qui sont passés ici. Dans toutes les langues ! Et ils mentionnent aussi Master Blaster, le conducteur de rickshaw qui les a ammené ici (et moi aussi). Après un chai, l’indien hippie me sort un énorme sac plastique, remplie d’herbe et de charas (le hash indien), et me montre le bol au centre de la table, remplie d’un liquide épais et vert très foncé. Il s’agit en fait d’huile de cannabis, qu’il revend aux gens qui viennent dans son magasin. Il essaie alors de me persuader que fumer du cannabis est légal dans Mysore : « Do you know Amsterdam ? Mysore is like Amsterdam, weed is legal, and you can go to coffee shop ». A ce jour je sais toujours pas ce qu’il en est réellement, mais je ne pense pas que les coffee shop pseudo-légaux de Mysore soient d’une ambiance très sympathique. J’ai d’ailleurs rencontré plusieurs indiens qui m’ont dit la même chose. Je finit par acheter des encens, et des huiles essentielles de sandal et de nénuphar. Forcément je n’avais pas d’argent sur moi, mais le proprio me dit que c’est pas grave, j’appelle Master Blaster le lendemain, et je lui donne l’argent. Ok. C’est pas en france qu’on ferait ça. Surtout pour une somme qui représente la moitié du salaire mensuel moyen d’un Indien.
Enfin, après trois heures à aller de fabrique en fabrique, je me retrouve à domino’s pizza, et bien sûr je ne paye pas que 30 roupies. « Give me what you want to give. ». Forcément tu peux pas donner que trente roupies à quelqu’un qui t’a baladé pendant trois heures à travers la ville. Enfin bref..

Le soir venu, je retourne au palais pourle voir illuminé. Le dimanche soir, entre 19h et 19h30, 10 000 ampoules s’allument et le palais inonde la ville de lumière. Ca a un petit côté disneyland, que je qualifierai bien de kitch indien. Mais c’est quand même génial !

Palais de Mysore de nuit

Le palais de Mysore de nuit

Après avoir regardé le petit, ridicule et complètement faux, plan du guide du routard (mais je ne m’en suis rendu compte qu’après), je décide d’aller dans un resto pas trop loin du palais, facile d’accès (tout droit, première à droite.). Evidemment je me perds, et arrive au niveau du parking du palais (un champ en gros). A l’entrée, je demande à l’employé où est la route que je cherche. Il me dit de traverser le parking et de ressortir de l’autre côté, puis tout droit. Tout en avançant, je me rends compte que plus on va au fond du parking, moins il y a de lumière, jusqu’à un point où il n’y a plus de lumière du tout, et je commence à me dire qu’il vaudrait mieux faire demi-tour et trouver un autre chemin. Mais j’avance quand même. J’entre dans la partie éteinte du parking, et surprise ! Je me retrouve entouré de prostituées et travestis indiens, qui, en tant qu’indien, sont curieux de voire un semi-blanc passer par là et veulent commencer à me parler. Au final, je pense pas qu’elles représentent le moindre danger, mais les mecs un peu bizarres qui tournaient autour dans le noir étaient peut être potentiellement une menace. J’avance alors d’un pas décidé vers le bout du parking, où des mecs bizarres, bourrés pissent un peu partout (sympa), puis je débouche un rond-point énorme, où il y a énormément de circulation. Gros contraste. Je demande encore une fois ma route, mais la direction est encore en pleine contradiction avec toutes les informations précédentes, alors je choisis de prendre un rickshaw… Le repas était pas mauvais au final.

Devaraja market

Devaraja market

Pour le dernier jour à Mysore, je vais visiter marché de Devaraja. On y trouve des guirlandes de fleurs qu’on achète au mètre, des tas de poudre colorée, des fruits et légumes, des encens, huiles, et toutes sortes de choses, dans un bordel énorme ! Et là, tout le monde essaye de rabattre le français blanc qui à l’air d’avoir beaucoup d’argent parce qu’il a un appareil photo.. Bref, c’est facile d’y entrer, mais dur d’en ressortir. Mais l’ambiance est plutôt sympathique.
Ensuite, je vais à la poste, qui bien sûr est fermée. Je voulais envoyer un colis pour gagner en légèreté, bah il semblerait que je vais me trainer le colis jusqu’à Gokarne. Bien joué.
Je passe mon après-midi dans un centre commercial indien, qui n’est d’aucun intérêt. Je finis par aller au cinéma du centre commercial, et me ertrouve à regarder un film en hindi, dont je ne comprends absolument rien. Mais bon, tous les films indiens ont la même histoire en général. Une fille doit se marier, puis elle rencontre un homme beau et gentil, dont elle tombe amoureuse, mais ses parents ne veulent pas qu’elle se marient avec, du coup ils se prennent la tête, et ya du clash entre le futur mari, et l’amant. Puis ça se résoud quand le père de famille finit par accepter l’amant, car il s’avérait que l’homme que sa fille allait épouser est une crapule. En gros. Il faisait trop froid, clim oblige, du coup je suis parti pour Chamundi hill d’où l’on a un magnifique panorama de Mysore pour le coucher de soleil.
Et voilà, après ya plus qu’à attendre le train à la gare !

Chamundi hill

La vue depuis Chamundi Hill